Le geste expert du sculpteur :
L’art de révéler la lumière

En tant qu’atelier de sculpture utilisant massivement les technologies numériques, Lithias questionne profondément la place de l’homme dans l’acte de fabrication d’une oeuvre en pierre. Plus le numérique prends de l’importance, et plus la place donnée au geste de l’homme est essentielle. Authentique, résultant d’un long apprentissage professionnel, l’intervention manuelle n’est pas un simple accessoire marketing, une pirouette pour apposer artificiellement une mention « fait main » à côté d’un prix mal justifié. Le travail de l’homme est essentiel à deux étapes : en amont, à la création, et en aval, à la finition.

En amont, l’esquisse au crayon, le dessin sur tablette numérique, le modelage à l’argile, ces interventions ne sont pas mathématiques, pas numériques. Elles sont riches d’un savoir-faire hérité d’une longue tradition d’enseignement des beaux-arts, et les moyens techniques doivent se plier à la volonté du créatif et non l’inverse. Et parce que nous refusons de perdre cette richesse, nous investissons dans des moyens modernes complexes qui conservent les légères variations de pression de la pointe du dessinateur, et les courbes onctueuses des modelés de terre ou de plâtre.

En aval, après l’ébauche réalisée en machine, chaque pièce est reprise par un sculpteur avec les outils traditionnels à main. Si on peut entendre parfois la voix grâve des cuturis pneumatiques dans l’atelier, vous écouterez bien plus souvent le tintement du ciseau qui révèle la lumière, crée d’une ombre le noir dans le marbre blanc, et donne de la puissance graphique à une arrête bien nette.

Ecoutez également le frottement silencieux de la main qui polis, doucement, longtemps les marbres. La main est la seule technique qui fait naitre la couleur sur les formes arrondies d’une sculpture. Il existe, certes, des polissoirs pour les plaques funéraires et les plans de travail de cuisine. Et certains prestataires n'hésiterons pas à faire l'appologie de telle cire ou vernis qui donnent un aspect brillant, réhausse la couleur selon un "effet mouillé". Qui durera quel temps? Aucune machine ni vernis miracle n’est venu remplacer la lente descente des grains des toiles à polir sur les courbes d'un drappé, passées du bout du doigt dans les plus petits interstices, pour donner l’éclat et la longévité aux prestigieux marbres noirs, rouges, bleus.